Écrire à l’estime
« Quand j’écris, je suis un lieu. Ce qui me reste d’un amour, c’est son paysage (…). On est toujours en un lieu, on est toujours dans les mots. » Cathie Barreau
Le personnage principal de la romancière Cathie Barreau est cette fois … l’écriture, le coeur de sa vie. La sienne, mais aussi celle des écrivains dont les textes l’accompagnent et celle de tous ceux qui, un jour ou l’autre, prennent la plume à ses côtés. Cathie Barreau observe ce qui se passe dans son propre atelier, ses tâtonnements, ses espérances, son étonnement quand les intentions ou les projets sont déjoués, quand l’improbable survient… Elle vit, elle écrit. Elle raconte. Son enfance, ses premiers écrits, les chemins qu’elle a parcourus. Se croisent dans ce livre l’écriture en solitaire et l’écriture partagée dans les ateliers qu’elle anime. Lire Écrire à l’estime n’est pas s’enfermer dans des réponses, mais sans doute « se préserver de la maladie des affirmations », comme l’écrit Arno Bertina dans la préface à ce livre:
« Son écriture à l’estime, c’est-à-dire au juger, n’est pas un pis-aller ; si l’on sait exactement où on va, le charme est rompu. Si le temps de l’écriture n’apporte pas son lot d’aventures, pourquoi se mettre en route ?Si le comment n’est pas facile à cerner, s’il faut se méfier des recettes, le pourquoi n’est pas plus clair. Pourquoi y a-t-il une œuvre plutôt que rien ? (…) Est-ce regrettable ? C’est au contraire une chance nous dit Cathie Barreau dans ce passage magnifique : « La multitude des hypothèses est source d’invention et nous garde de la folie. » On tournerait fou si une seule raison d’écrire caractérisait notre parcours. Peut-être est-ce même cette désorientation que l’on cherche, en se mettant à écrire. Trop d’explications et de certitudes le reste du temps, dans la vie sociale, dans nos échanges avec les proches. L’écriture nous préserve de la maladie des affirmations ».
Préface d’Arno Bertina.
2025, 16€. Paru le 20 mars 2025.

